Jeune sculpteur de 32 ans, Vincent Mauger a été choisi pour investir «la Cour» du Lieu Unique à Nantes pendant la prochaine biennale «Estuaire 2009». En attendant l'installation de son œuvre sur cet espace de 1200 m2, Vincent Mauger est accueilli depuis janvier 2009 en tant qu'artiste en résidence dans un vaste atelier mis à sa disposition sur l'espace Recteur Schmitt à Nantes. C'est là qu'il travaille à l'élaboration de son œuvre pour l'évènement de cet été.

Quel rapport entre l'IUFM et le Lieu Unique (LU)?
Mon travail a besoin d'espace. C'est le plus souvent, en rapport avec un espace concret que j'élabore mes pièces. Cela ne veut pas dire que je travaille seulement et directement dans le lieu où sera présentée l'œuvre. J'ai besoin de tester les idées qui me viennent: l'adéquation entre forme et matériau par exemple, le déploiement d'un principe de construction à l'échelle1. L'atelier que l'IUFM a mis a ma disposition, une ancienne salle de cours, est un bon espace pour travailler, il est fonctionnel.

Comment serait l'espace idéal?
Très, très grand, du type «local industriel». Mon précédent atelier, c'était lors d'une résidence à Rodez, mesurait environ 250m2.

Comment définir tes œuvres qui s'inscrivent avec autant d'exigence dans un lieu spécifique, installations ou sculptures?
Ça dépend du contexte. Pour moi, c'est important de réfléchir à l'endroit où une pièce va s'inscrire; elle n'est pas pensée comme un objet en soi.

Comment perçois-tu la rencontre avec les étudiants dans le cadre de cette résidence?
Précédemment, j'ai eu une expérience de classe à Mayenne (53) avec des élèves de primaire que je devais amener à construire un paysage avec des éléments simples. Ici, c'est différent car les étudiants n'ont pas à réaliser une production plastique. Et c'est encore différent du public ordinaire qui s'intéresse surtout à des problèmes techniques (comment ça tient, en quoi c'est fait...). Les questions des étudiants tournent plutôt autour de la démarche, du processus de création. Ils s'interrogent et mettent en parallèle cette expérience de la rencontre dans l'atelier, où les matériaux et les outils de mon travail sont visibles, avec la démarche d'un écrivain ou d'un peintre. Ainsi la rencontre abolit les clichés sur l'artiste. Fini l'ésotérisme !
La possibilité de participer à la naissance d'un travail artistique, depuis le projet jusqu'à sa réalisation finale replace aussi les choses: le sentiment que l'art contemporain est déconnecté des œuvres du passé disparaît avec cette «mise en lumière» du travail.

Quand vas-tu commencer à monter ta sculpture au Lieu Unique?
À partir de la mi-mai. Tout doit être prêt pour l'ouverture d'Estuaire 2009, le 3 juin. Mais je continue à occuper l'atelier de Recteur-Schmitt jusqu'à la fin du mois de juin. Après, ce sera une nouvelle histoire...

Propos recueillis par Brigitte Auber

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