Diplômée de l'École Nationale des Beaux-Arts de Lyon et de l'École Cantonale d'Arts de Lausanne, elle parcourt les États-Unis et l'Europe pour travailler en tant qu'assistante d'artiste (Liam Gillick, John Tremblay...).
À son retour, elle entre en formation de commissaire d'exposition à l'École du Magasin, Centre d'Art Contemporain de Grenoble.
En 2001, elle intègre le Post-Diplôme de l'École des Beaux-Arts de Nantes et fonde l'année suivante le Groupe de Recherche MultiPoint, multidisciplinaire et international.

Aujourd'hui Christine Laquet vit à Nantes. Son travail se construit au travers de traces, photographiques pour la plupart, qui s'inscrivent dans un renversement du réel. Il correspond souvent à une retranscription de moments vécus qui s'échappent vers la part la plus mystérieuse et insaisissable de nos appréhensions.
Vascilllant entre un penchant pour le mystique, l'onirique et la science-fiction, elle part en quête d'endroits où les choses nous échappent, où notre compréhension nous fait défaut. Son travail est aujourd'hui diffusé dans un réseau national (galerie du jour Agnès B, galerie Air de Paris, Glassbox, Le Château des Adhémar, Zoo Galerie...), et international à Innsbrück, Hannovre ou Séoul.
En 2004, elle est en résidence à l'IUFM (site de Nantes) et engage parallèlement une collaboration avec un projet chorégraphique (Camping Sauvage). Christine Laquet a réalisé cette année-là sa première exposition personnelle au Musée d'Art Moderne Aloisio Magalhaes à Recife au Brésil.
En 2007, elle part à Bangkok pour une résidence de deux mois et une exposition à BUG avec le soutien de l'Alliance Française et prépare deux projets d'exposition à Albi et à Fiac. Depuis 2004, elle est programmatrice-associée de Contrechamp, une programmation mensuelle de films issus des champs du cinéma et des arts-visuels au Cinématographe à Nantes.

Entretien avec Christine Laquet

Christine Laquet : J'ai rencontré Alain Couriaut (formateur TICE, ndlr) et je lui ai proposé d'effectuer une sélection de films qui présentent l'école vue au travers du cinéma. Je suis intervenue dans le module de formation qu'il anime sur l'analyse filmique. Pour l'instant, j'ai surtout travaillé autour de ces films. J'ai aussi filmé en vidéo les stagiaires en train d'analyser ces films sur l'école. Je pense faire un montage sur ce qui s'est passé pendant ces heures.
Ce qui m'intéresse, ce sont leurs regards, le mouvement des corps. Je voudrais faire un travail sur la relation du corps à l'école. Par exemple, j'ai filmé un stagiaire en train de gommer. C'est ce geste répétitif qui m'a intéressé. Il gommait tranquillement au milieu d'un groupe de quatre ou cinq personnes qui restaient immobiles. Ces mouvements qui m'interpellent sont a priori anodins ou ordinaires. Je cherche à les réunir de façon à ce qu'apparaisse tout ce qui nous échappe dans le cadre de la salle de classe : ce que le corps exprime crée une sorte d'espace-temps parallèle et propre à chaque individu au sein d'un groupe. Cette gestuelle particulière exprime une sorte de rêverie, d'obsession. En plus, les stagiaires ne sont ni des élèves, ni encore vraiment des professeurs, c'est ce qui rend leurs réactions intéressantes.

 Ces images sont un matériau pour un film... ?

Christine Laquet : Je n'ai pas encore décidé de la forme, mais il y aura de la vidéo. J'aimerais la présenter à l'IUFM et peut-être au Cinématographe, une salle art et essai de Nantes. Mais il y aura peut-être aussi des dessins, ce qui rendrait possible une installation dans une galerie. Peut-être celle de l'école des Beaux-Arts...
Propos recueillis par Yannick Le Marec

Christine Laquet a présenté sa démarche et les premiers matériaux de son projet le 3 février 2005.